samuel's profileHistoire d'o by SamuelPhotosBlogListsMore ![]() | Help |
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November 15 Moins 7 !1997, je parcoure les terres corréziennes dans les méandres de la vézère et de la Dordogne au détour des lacs de Bord les orgues et de l'Aigles. Paysages magnifiques et sauvages, la nature est encore épargnée des actes destructeurs de l'homme. Champignons, biche haletante, sanglier en charge, écureuil bondissant, tout vit, tout est merveille! 2009, 12 années sont passées. Je foule de nouveau des terres que je m'étais promis de revisiter. Avec un ami, pour la dernière semaine d'octobre, nous avons programmé une session sur un lac en partie ouvert à la pêche de nuit. C'est un lac de barrage, sinueux, dont les berges présentent des contours différents. Différents car, le marnage et la baisse des eaux font apparaître sur certains postes des niveaux topographiques et des substrats totalement opposés. Juste avant notre départ, les renseignements apportés par O'liv ne sont pas très encourageant.
Le lac baisse ! Pour profiter au maximum du temps que nous nous sommes donnés, le trajet s'effectue de nuit à l'aide de cafés et de boissons énergisantes pour ne pas sombrer dans les bras de Morphée. Arrivant sur les lieux au petit matin, force est de constater que nous avons sous-estimé la perte d'eau. C'est hallucinant, il manque 7 mètres d'eau ! Un rapide tour du lac nous permet de voir qu'il y a très peu de biwy à l'horizon. Nous jetons notre dévolu sur une des plus grandes baies qui est un bon poste. La pente est rude. Tels des bouquetins, même en ce début de session avec une barbe encore jeune, nous installons notre bivouac sur des pentes vertigineuses. Le poste propose des profondeurs de pêche inhabituelles pour nous qui pêchons plus généralement des lacs de plaine. Nicolas décide de tendre ses lignes sur sa gauche, et d'exploiter principalement les berges pour trouver des secteurs moins profonds. Je choisi une approche qui diffère de la sienne pour que nous ne mettons pas nos billes dans le même panier. La météo est particulièrement clémente en cet fin octobre. En plein coeur de la journée, sous un soleil qui commence à se faire rasant, nous avons l'impression de cuire sur notre amoncellement de cailloux. La tenue estivale est de sortie. Nous arborons nos plus beaux short et tee shirt habituellement utilisés sur les plages balnéaires. Serions nous à la plage ? Mes lignes placées plus dans les profondeurs restent sans vie, mais je persiste... Les conditions sont agréables pour des plagistes mais difficile pour des carpistes. J'entreprend de capitaliser pour l'avenir et de profiter des niveaux très bas en effectuant des repérages. Equipé d'un GPS et d'un camescope, je crapahute chaque matin sur les berges du lac à la recherche de mes futurs hot spots pour les prochaines années. Le décors est lunaire et déroutant. Je marche sur le sol, où en temps normal mes montages devraient être en pêche. C'est une période rare qui me permet de repérer tous les hots spots (souches, arbres morts, plateaux, murs de pierre, ruines, arrivées d'eau, fonds sableux, vaseux, graviers...) les fonds y sont beaucoup moins abruptes. Pour ces dernières heures, Nicolas décide de pêcher une zone avec des fonds de 4 mètres. Je m'installe dans une baie ou il reste 2 mètres d'eau. Ironiquement, je pose ma batterie sur les vestiges d'une ruine que j'aurai préféré exploiter autrement surtout en découvrant que chaque pierres retournées abritent une écrevisse. Ces derniers moments seront calmes mais ne nous écoeureront pas pour autant. On dit souvent que l'avenir appartient à ceux qui se lève tôt. September 01 Du soleil à l'ombre- Salut gamin ! On se retrouve en août pour une semaine de pêche ? Le rendez vous était ainsi pris avec mon ami.
Nous nous retrouvons comme convenu dans le magnifique département du Morvan pour croiser le carbone sur un séduisant étang. L’étang est encaissé entre deux coteaux. Sa forme est allongée et dessinée par des berges parsemées de blocs de granit et de plages sablonneuses. A notre arrivée, l’atmosphère est déjà très pesante. Nous choisissons avec Myriam de monter tant bien que mal notre biwy à l’ombre pour trouver un peu de fraîcheur. Chacun s’affère à s’installer en cherchant à se protéger du soleil qui s’annonce généreux et cuisant.
Contraste de lumière et de décor Avec Robert, avant de lancer la pêche, nous réalisons une étude détaillée de nos postes à l’aide de l’échosondeur et d’une pique pour gratter le substrat. La première analyse est sans appel. L’eau à 27 degrés propose plus un profil plus exotique que halieutique. Les carpes sont apathiques et réfugiées au fond de l’étang dans les zones plus profondes et ombrageuses où mon ami a pris une option. Je ne me fais aucune fausse idée sur la capture de carpes, et je compte bien sur le temps qui m’est offert pour passer un moment agréable avec mes compagnons sympathiques. Le partage est délié et d’un naturel enjôleur. Romuald nous fais découvrir un moment inoubliable de dégustation de truffes, tandis que Robert d’un naturel généreux se met au service de tout le monde. Au bout de trois jours et demi sous un soleil de plomb et une chaleur étouffante atteignant jusque 40 degré en plein coeur des après midi , nous avons quand même réussi à capturer des carpes. Franck et Romuald régional de l’étape déjouent l’immobilisme des poissons en adoptant une stratégie complice à longue distance pour capturer plusieurs miroirs. Robert qui découvre la dépose des lignes en bateau, déniche 2 carpes sur une zone plus profonde à l’extrême gauche de son poste. Quant à moi, j’arrive durant la dernière nuit à capturer une carpe après m’être beaucoup creusé la tête.
Rob, Franck et Romu Après cette étape en Bourgogne, avec Myriam, nous décidons de remonter plus au nord pour quitter la lumière, et retrouver l'ombre. Quatre heures de route plus tard nous voici en Normandie. Nous faisons une escale à notre domicile avant de nous rendre dans la vallée de l’Eure pour 3 nouvelles nuits au bord de l’eau. Les débuts sur notre nouvelle destination sont singuliers. Nous avons plus à faire à des « crabistes » qu'à des carpistes. Malgré tout nous réussissons à toucher nos premiers poissons qui semblent particulièrement attirés par un "dumble pink pepper" équilibré et présenté sur un petit plateau de graines. Pour être précis et ne pas éparpiller des appâts à l'aveugle chaque montage est déposé en bateau. Cela vaudra à Myriam, ma compagne, d'en découdre avec un amour blanc vaillant lors d'une de mes pérégrinations nautiques.
![]() les "dumbles" pink pepper de NUTRABAITS ont eu raison d'une dizaine de carpes lors de notre come back in Normandie, dont cette rondouillarde June 24 Session en livePour être en phase avec notre époque et profiter des avantages de la technologie, je vous propose de vivre une session en live, et de suivre mes résultats. Régulièrement durant cette session de 50 heures, j'alimenterai le récit avec mes captures et anecdotes agrémentées de photo. Me voici donc de retour après près de deux ans sur des berges qui m'avaient permis de réaliser une pêche inoubliable narrée dans un article intitulé "72 heures, 72 carpes" sur la Seine en Normandie. Afin de préparer correctement le poste et de faire venir les carpes, je me suis rendu sur place lundi à l'aube pour y lancer 20 kilos de bouillettes trigga. En raison de la longueur du linéaire et avec l'expérience des sessions passés sur le secteur, je sais que je dois amorcer lourd si je veux réussir. mercredi 24 juin, 6h30 à 17 h00 Pour cette fois, j'ai décidé de me rendre sur le poste en bateau afin d'être en mesure si besoin de placer des lignes à longues distances, ou bien encore de réaliser des amorçages de rappel. J'accède au poste avec mon zodiac bien rempli malgré ma recherche de limiter mon matériel. Le bivouac et mes 4 cannes sont à peine en place que le premier départ intervient. Plus aucun doute, les carpes ont déjà pris possession des lieux. Tous les montages sont actifs. Ils produisent chacun au moins 1 départ. Le poissons est partout sur le linéaire de plus de 300 mètres qui me fait face. Durant ces premières heures, je totalise déjà 6 carpes. De Mercredi 24 17h00 à Jeudi 25 6h00 Les choses s'accélèrent et le compteur s'affole. sous un ciel de mille feux irradié par un soleil généreux puis une pluie d'étoile, je combat à la limite de l'épuisement des carpes communes particulièrement en forme. Les départs sont violent. Les moulinets crissent sous les rushs des plus folles. Les carpes ne me laissent pas de répit et la nuit se déroule sans passer plus d'une heure sur mon bed chair. Au petit matin, après une tasse de café corsé pour garder les yeux ouvert, je fais les comptes. 22 carpes pour le moment ! De jeudi 25 6h00 à Jeudi 25 19h00 La journée s'annonce belle. Le levé de soleil dévoile un florilège couleur pastelle pour le plus grand plaisir des yeux. Après la nuit agité que j'ai passé, il est temps ce matin de faire une revue des montages pour remettre tous en bon état de fonctionnement. Je suis pointilleux sur le piquant des montages et la qualité de la ligne. Alors pour ne prendre aucun risque, et vivre le décrochage ou la casse sur un beau poisson, je refais l'intégralité des mes 4 montages. Entre deux noeuds, je continue à combattre et mettre à l'épuisette des carpes. Toujours des communes ! Après 32 heures de pêche, je totalise la capture de 26 carpes. En cette fin de journée, prévenu du changement de temps et de l'arrivée imminente d'orage, je m'affaire à garantir le rangement efficace de mon bivouac pour ne pas revivre la même mésaventure que celle vécu sur le Rhône lors d'un orage dévastateur. De jeudi 25 19h00 à vendredi 26 10h00 Le couché de soleil n'aura pas lieu ce soir. Les nuages qui ont pris possession du ciel et le soudain changement d'atmosphère laisse planer de l'électricité dans l'air. La nature aussi se prépare. Au loin, des chiens hurlent à la mort tandis que les oiseaux plongeurs semblent regagner les berges à l'abri avec l'arrivée de cette dépression..
A minuit, le ciel crépite de mille feux sous les assauts répétés des éclairs. Ce n'est pas un éclair, mais plusieurs que je compte en simultané. Impossible de rester à l'abri, les carpes elles aussi ont décidé de m'en mettre plein les yeux. Les départs s'enchaînent et sans réfléchir je saisie les cannes en action. Comme pour éviter les éclairs durant les combats je couche la canne parallèlement à l'eau pour ne pas servir de paratonnerre. Durant cette dernière je capture une magnifique carpe commune de 15kg qui malheureusement de jouera de mon sac de conservation. Au petit matin, au moment de réaliser la séance photo, je découvre qu'un des sac est vide. La carpe a réussi a s'en extraire. Rageant ! La session s'achève le vendredi à 10h00. Le décompte de capture indique 37 carpes (commune) et deux décroches. En Octobre je revendrai accompagné d'un de mes fidèles ami. L'invitation est lancé... May 15 Medley 2008, part 6J'AI FAIS MOUCHE ! Passé la période estivale consacrée aux vacances avec la famille et les enfants, la programmation d’avant saison me conduit sur un étang de la vallée de l’Oise. Renseigné sur le potentiel de ce plan d’eau privé, nous partons Myriam et moi en compagnie de Minouche notre mascotte pour une petite semaine de pêche. Les renseignements préalablement récoltés m’aident à planifier l’organisation et la stratégie que nous allons mettre en place. Mais c’est sans compter sur les éléments que nous ne pouvons jamais prévoir comme peuvent être la météo, la fréquentation d’un lieu, l’activité des carpes, ou encore d’autre paramètre qu’il faut déjouer. Je débute donc conformément à mes habitudes en réalisant un sondage précis du secteur. Quatre spots présentant des profondeurs d’eau différentes sont détectés. Je dispose mes montages en les accompagnants d’un amorçage léger avec de bouillette de faible diamètre (10 et 14 mm) roulé à partir de la gamme G-FORCE actuellement en développement chez NUTRABAITS, ainsi que des Trigga ice. Field Tester chez NUTRABAITS, célèbre marque du nom moins célèbre Bill COTTAM, j’ai la chance de tester les produits an avant première. A la fin des deux premiers jours et à l’analyse d’un résultat convenable mais non satisfaisant, j’en déduis logiquement que la pêche doit se faire à longue distance comme en attestent les sauts répétés et les résultats réalisés par les autres équipes sur l’étang. Je réalise donc à mi-session un virage à 180 degrés en adoptant une approche complètement différente ! Je remplace donc mes appâts de faibles diamètres par des traditionnelles 20mm décuplé au niveau la diffusion par un trempage prolongé dans des complexes liquides de très haute qualité. L’activité des carpes se situant aux alentours des deux cent mètres, je place mes montages à l’aide d’un bateau d’amorçage. Pour cette nouvelle approche au spot, mon amorçage est constitué d’un mélange de graines à oiseaux, de thon en boite et de bouillette écrasée. Durant les deux derniers jours de notre séjour, Myriam et moi allons passer des moments intenses. A aucun moment, nous aurons le temps de fermer l’œil plus de deux heures. Les départs se succèdent tel le flux incessant de l’eau dans une cascade. Notre collaboration est efficace et méticuleuse. Chacun de nous connaît son rôle. De nuit, je dirige le bateau à la lueur de ses lumières en direction de la cime des arbres choisis comme axe, tandis que Myriam surveille le marquage du fil et me délivre le «largue». Les séances photos sont préparées avec méthode pour pouvoir faire face aux départs interrompant les prises de vue. Tout s’enchaîne…avec une régularité déconcertante et sous contrôle. Au final, le changement de cap et de stratégie nous a apporté beaucoup. 20 poissons de 10 à 20kg, 2 poissons de plus de 20kg, et un regretté décrochage qui hante encore les prochains instants de mise à l’épuisette. May 07 Medley 2008, part 5J’ENLEVE LA CAPOTE Fin juin, je tombe dans une phase de doute après un week-end infructueux sur un plan d’eau de la région Parisienne lors d’une sortie couvert par la revue Carpe Scène Collector. L’inactivité sur mon coup ne s’explique pas. Ancien sportif de haut niveau, j’avoue être superstitieux comme la plupart de mes homologues. Afin de regagner un capital confiance optimal, je décide de retourner sur mon lieu de prédilection sur un poste que je n’avais pas encore fréquenté. Comme dit l’adage, « après une chute de cheval, il faut tout de suite se remettre en selle ». Me voici donc début juillet sur le plus grand des plans d’eau du domaine. Il fait une vingtaine d’hectares et sa topographie est très intéressante. Composé par deux grandes baies, celles-ci sont séparées par un rétrécissement d’une largeur d’une centaine de mètres. C’est dans la baie ouest, entre les deux seules îles de l’étang que je décide de tendre mes lignes. Le poste est évocateur. Face à moi, entre les îles distantes l’une de l’autre de deux centaines de mètres, un large haut fond rocheux sépare deux poches de vase. Je n’ai pas besoin de me casser la tête sur l’approche tactique. J’aborde cette configuration en toute simplicité et, je récite les fondamentaux de notre pêche sans me poser les questions habituelles durant une phase de doute : Mes bouillettes sont-elle attractives, mes hameçons piquent-ils, mes montages sont-ils efficaces, etc. ?
En arrivant sur le poste, les mouvements en surface sur des eaux orangées par les rayons du soleil démontrent l’efficacité du pellet.
C’est seulement en plein cœur de la nuit que les carpes prennent possession des lieux. Les carpes se succèderont sur mon tapis de réception tout au long des 36 heures suivantes avec une miroir de plus de 16 kg comme plus gros poisson. La clé de réussite de ces résultats est due à la réponse que les poissons ont donné à mon amorçage d’avant session. Le pellet grâce à son pouvoir attractif et à ses qualités mécaniques de dispersion, a attiré des bancs de poissons blancs. Il m’a suffit entre chaque départ de renouveler la nourriture au fond de l’eau en rappelant systématiquement avec une vingtaine de bouillettes. Ainsi, j’ai su garder en permanence une activité alimentaire soutenue sur le haut fond.
April 17 Medley 2008, part 4MISE EN SEINE De la fin mai à mi juin, la seine propose des conditions plus accueillantes. Les conditions y sont parfois redoutables en raison d’un fort marnage et de courants très soutenus. A cela il faut y associer la navigation très régulière des péniches et barges qui provoquent des tsunamis à chacun de leur passage. Les pluies ayant cessée, le niveau d’eau descend et le courant faiblit irrémédiablement. Je profite de cela pour préparer un amorçage sur un poste qui m’avait déjà apporté de grandes émotions (cf 72 heures, 72 carpes). Je distribue durant deux semaines une vingtaine de kilos de bouillettes Trigga. Je privilégie toujours cette bille pour les amorçages à l’avance. La teneur en farine de poisson de différente sorte, le foie liquide, la bétaïne ainsi que des ingrédients secrets permettent à cet appât de rentrer directement en concurrence avec la nourriture naturelle. Le linéaire de Seine que je fréquente ne m’a jamais apporté de poisson « trophée ». Je pense en effet que la rudesse des lieux n’est pas favorable au grossissement important des carpes. L’obligation pour elles de combattre contre le courant régulier ne leurs permets pas de faire du gras. A contrario, la souche de poissons a développé une morphologie longiligne. Les combats avec ces dames sont dignes des carpes du Danube. Les conditions semblent optimales malgré le niveau d’eau qui joue au yoyo. Cela ne me facilite pas la tâche mais ne réduit pas pour autant mes espérances. Le montage que j’utilise doit être pêchant et robuste. J’adopte donc en action de pêche pour une technique des plus marginales en positionnant des frolics sur mon corps de ligne afin de concentrer l’attraction autour de mon montage. Les chevesnes assaillent très rapidement mes esches, et procurent les premiers rushs.
Depuis quelques années les poissons blancs prolifèrent en Seine. Ce qui me fera dire aux détracteurs que la Seine n’est sûrement pas tant polluée que l’on veut bien l’imaginer. En dépit des assauts répétés de la blanchaille, celles que je recherche prennent position sur le plateau. Les captures de carpes communes d’un poids moyen de 8 kilos se succèdent. Le dernier jour, une série de bip me sort du sommeil. J’ai juste le temps d’enfiler des chaussures avant qu’un départ violent se produit sur la canne placée en dehors du coup. Le combat dur et je sens bien que je vais devoir en découdre avec un adversaire bien différent. La carpe cherche les obstacles en bordures et les abords cassants du plateau. Elle connaît les lieux ! Après quinze de minutes d’une âpre lutte, j’ai le privilège de faire la rencontre avec une vieille dame de Seine. Ce poisson présente sur son corps les signes d’une vie difficile et longue. L’action de no-kill prend toute sa dimension quand je rends la liberté à ce poisson dont j’imaginais à peine la présence même dans mes rêves les plus fictifs. April 07 Medley 2008, part 3MONTE DE MERCURE Après le silence de mes détecteurs sur les mois de février et mars, des conditions quasi caniculaires s’installent sur la Normandie en ce début du mois du mai. Mes penchants vikings me poussent toujours à affronter les situations difficiles, voire extrêmes. Je retourne aux « arcs en ciel ». Les arbres arborent déjà leur plus belle robe. Les bourgeons laissent la place aux fleurs. Les insectes reprennent leurs ballets aériens. Les abeilles ont repris leurs actions de pollinisation de fleurs en fleurs pour reprendre une réplique chère à Belmondo. « C’est magnifique… » Malgré la hausse des températures, l’activité des carpes n’est pas perceptible. Elles semblent avoir trouvé refuge dans les herbiers qui ont proliféré très rapidement. Face à cette configuration, et avec le fruit de mes expériences similaires du passé, j’organise mon approche avec une grande discrétion. Au premier jour de cette session de 72 heures, je réalise un sondage minutieux en bateau à l’aide d’une pique pour me permettre d’interpréter la nature des fonds. Je recherche spécifiquement des zones de substrat dur située en périphérie d’herbiers, ou sous des arbres surplombant l’eau. Pour simple amorçage, j’équipe mes montages d’un sac soluble contenant des bouillettes pink pepper ou banane-ananas de la marque Nutrabaits. Mes montages sont disposés avec beaucoup d’attention. Le replacement de mes montages s’effectue uniquement après une touche afin d’être le plus discret possible et d’éviter de faire fuir les carpes qui maraudent en surface. Cette approche particulière a été très certainement la clé de réussite si je compare les résultats et la stratégie des carpistes fréquentant le complexe sur la même période. Contrairement à eux, les départs sont nombreux sur mes cannes, et ils s’effectuent majoritairement en début de matinée et en fin d’après midi quand le soleil n’arrose pas les eaux cristallines. En journée, la chaleur étouffante et la soudaine hausse des températures de l’eau plonge la faune dans une forme de léthargie au plus fort de la journée. Durant ces 3 jours, les plages horaires régulières des départs témoignent de la grande régularité d’alimentation des carpes. Je capture une dizaine de communes et miroirs dont les poids s’échelonnent entre 10 et 16 kg. Pour être honnête et transparent, je n’utilise quasiment plus le peson depuis plusieurs années. Les seuls moments où je pèse une capture sont ceux où je doute du poids évalué. Le dernier matin, je mets à l’épuisette la « goulue » ainsi nommée par les pêcheurs du cru, et que l’on reconnaît facilement grâce à des marques qu’elle garde au niveau de la gueule témoignant de son nombre de captures.
March 23 Medley 2008, part 2LES DEBUTS JETTENT UN FROID Fin février pour débuter la saison, me voici aux «lacs des arcs en ciel ». C’est un complexe privatisé d’une quarantaine d’hectares moyennant une action à l’année. Le site est accueillant. Il fait parti du bocage Normand. La rivière Eure borde la propriété et alimente les 4 étangs du domaine. Le secteur propose des configurations variées sur lesquelles je vais pouvoir réaliser des approches totalement différentes lors de mes sorties. Re-gaillardi par les températures printanières qui sévissent en ce début février, c’est en compagnie de Cyril que je décide de faire ma première session sur une partie qui a profité ces derniers jours d’un ensoleillement copieux. Les carpes ne montrant pas de signe d’activité, j’opte donc pour une pêche avec des bouillettes trigga ice. La diffusion de ces appâts est plus intense et trouve leur utilisation plus efficace en eaux froides. Mes montages sont déposés délicatement en fin de journée sur des fonds durs et sableux en différentes profondeurs pour tenter de déterminer dans quelle couche d’eau évoluent les carpes. Un léger vent soufflant de l’est commence à me refroidir l’échine. Le soleil descend lentement sur l’horizon. Il arrose le plan d’eau d’une palette de couleurs à faire rêver plus d’un peintre. Claude Monnet, célèbre impressionniste ayant demeuré non loin à Giverny s’est certainement inspiré de ces moments pour réaliser ses œuvres.
Le spectacle est grandiose et je ne rate pas une occasion d’immortaliser cette lueur bleutée. La tombée de la nuit s’accompagne d’une vague de froid qui a pris possession des lieux pour nous rappeler que nous sommes encore en hiver. La nature vît finalement au ralenti contrairement à mes supputations sur la météo douce de février. A part les cabrioles soudaines d’un écureuil et les apnées des foulques qui festoient dans un herbier visiblement résistant, la faune terrestre vît au ralenti. Il en sera de même pour la faune aquatique, qui en dehors de deux brèmes ayant choisi de déranger mon sommeil profond et chaud en plein cœur de la nuit, est restée silencieuse. Chaque bip s’accompagne de jurons mais finalement la raison m’extirpe de mon confort douillet. Le contraste de température entre la journée et la nuit est saisissant. Alors qu’en plein cœur de la journée et sous le soleil, le mercure frôle les 10 degrés, la nuit, le thermomètre se bloque sur les – 8 ! Au deuxième matin il m’a même fallu briser la glace pour pouvoir sortir mes lignes de l’eau. March 19 Medley 2008, part 1FAIRE LES BONS CHOIX
Après avoir sillonné les eaux de l’hexagone ainsi que quelques eaux étrangères sur la dernière décennie, j’ai décidé sur l’année 2008 de consacrer tout mon temps à ma région et aux terres limitrophes. Au fil des différentes parties, je vous propose de me suivre et de vivre certaines de mes sessions comme si vous aviez été de la partie. Ma saison de pêche débute toujours à la fin de l’année précédente. Logisticien de profession, j’organise dorénavant toujours avec minutie et anticipation mes sessions plusieurs mois à l’avance. Mon matériel est précisément sélectionné avec une check list à l’appui pour être certains de ne rien laisser au hasard et encore moins l’oubli d’élément essentiel qui pourrait nuire au bon déroulement de mes sessions. Dans les années 95, il m’était arrivé de devoir fixer mes détecteurs sur des fourches de bois pour corriger l’oubli des piques. Il n’était pas rare non plus que j’oublie le nécessaire pour m’alimenter. Faisant profit des expériences acquises lors de ces vingt dernières années, je prépare donc toujours mes sessions avec le souci du détail.
Pour 2008, mes destinations ne sont pas sélectionnées au hasard. La Normandie et plus particulièrement le bassin « Eure-Seine » est riche au niveau du patrimoine halieutique. Les échos de gros poissons ne sont pas légion mais il faut bien avouer que le nombre de carpistes à l’hectare est particulièrement négligeable. Mathématiquement, j’en déduis que la probabilité de capture de beaux spécimens est faible. Le secteur que je privilégie plus particulièrement se situe à moins de 20 km de mon domicile. La proximité me donnera ainsi la possibilité d’optimiser au mieux mes disponibilités et de mettre en place des amorçages spécifiques. Je l’ai rebaptisé « lacs des arcs en ciel » en raison de la beauté des couleurs qui égaye la nature en ces lieux. La Seine, fleuve mythique s’il en est un en France, ne m’a jamais encore dévoilé tous ses mystères. Le linéaire des boucles de la Seine situé entre Vernon et Les Andelys est si capricieux qu’il mérite que j’y passe un peu de temps. Enfin, un étang de l’Oise et un autre de la région Parisienne viennent s’ajouter à la liste non exhaustive des secteurs que j’ai prévu de fouler en 2008. La question des appâts se pose aussi dans ma phase de préparation. En la matière, c’est radical ! Bill COTTAM et la société NUTRABAITS avec qui j’entretiens des relations amicales qui vont bien au-delà du sponsoring mettent à ma disposition des appâts d’une qualité optimale qui positionne cette marque dans le top quality. Les produits Trigga plus propices aux Amorçages à long terme seront utilisés dans cette optique, tandis que d’autres tels « trigga ice », « pink pepper » et « banane-ananas » équiperont mes montages lors des pêches sur des courtes périodes. Enfin, sur l’aspect des montages et des accessoires, ma stratégie se portant sur la maîtrise, j’approvisionne ma boite à montage avec des accessoires robustes et éprouvés choisis chez Gamakatsu pour les hameçons, Prowess pour les tresses et fluorocarbone, et Korda pour le restant des accessoires. J’ai bien l’intention d’utiliser des montages fiables et sûrs sans chercher à « réinventer la roue ». A suivre dans la part 2... March 12 Mes débutsComme toute histoire, la mienne à une origine et un point d'entrée. La découverte des carpes et de leurs pêches s'est faite de façon très classique à la lecture de la revue la pêche et les poissons. Déjà pêcheurs depuis mon plus jeune âge, j'étais à la recherche d'émotions fortes et de nouvelles sensations.
A la fin des années 80, passionné et pratiquent de la pêche en surf casting, je découvrais au détour d’article halieutique les débuts de la pêche à la carpe aux techniques dites modernes. Les premiers écrits relataient les exploits de pêcheurs d’outre manche. Ils enchaînaient les captures de poissons dépassant les 20 livres sur les lacs et étangs du royaume unis. Certains d’entre eux, globetrotters dans l’âme, franchissaient « the Channel » et parcouraient plus de 1000 kilomètres pour combattre les carpes légendaires du lac de Saint-Cassien. Ces pêcheurs étaient nommés « carpistes ». En France, certains grands noms tels les MAHIN, LAGABBE, CORTAY, COTTIN,…, faisaient également les gros titres dans la presse spécialisée, et portaient le mouvement. Sportif de haut niveau à l’époque, avec beaucoup de temps libre, j’entrai à mon tour dans l’univers de la pêche à la carpe sur les eaux normandes dans un premier temps.
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